Je crois que Kirsten Dunst a sensiblement raison lorsque, dans Elizabethtown, elle suggère à tout le monde de faire un road trip au moins une fois dans sa vie ; c'est du moins ce que je me suis dit tout au long de l'A62 hier soir, parcourant les 230 et quelques kilomètres qui séparent Bordeaux de Toulouse, sous un soleil généreux. Bon, je ne savais pas encore que le même soleil me cramerait les yeux quelques heures plus tard, perdu une fois de plus dans les derniers kilomètres de mon trajet par les infos de Mappy, peut-être justes si l'on s'en tient aux plans d'aménagement territoriaux, mais nettement moins pertinentes du point de vue de la signalisation. Désespéré, j'ai d'abord appelé ma femme au secours – ça ne sert pas forcément à grand chose, mais ça réconforte – avant d'avoir la présence d'esprit d'appeler directement mon hôtel. Je ne sais toujours pas si le fait que cette requête soit tardive est un signe positif d'assiduité à la conduite non-accompagnée, ou un trait de bêtise pure – tout comme je ne sais toujours pas si cette remarque d'un client dans le Nord en début de semaine (« Vous parlez come Philippe Manoeuvre ») est un compliment ou non, mais c'est une autre histoire. « Je suis perdu. Je suis à Rouffiac-Tolosan, devant l'école primaire, et je ne vous trouve pas. » La réceptionniste, faisant fi de l'effet standing, a une réponse très claire : « Vous avez croisé le centre commercial et le Mac Donald's ? Nous sommes juste à côté, derrière les platanes ». Superbe réponse, riche en informations. La première inquiète (à côté d'un Mac Do??), la seconde rassure (le coup des platanes, surtout avec un accent espagnol), et l'ensemble fait du bien parce que ces repères là, quoiqu'on en pense, sont simples. Avis aux futurs résidents du Domaine de Charlary. Lorsque vous empruntez la route d'Albi (marquée D888 et non N88) à la sortie 14 à proximité de Toulouse, supprimez la dernière page de directions, et remplacez par « Après la sortie, continuez tout droit, puis tournez à droite au Mac Do ». C'est pourtant pas dur.
Mais venons en au titre de mon entrée du jour ; le Domaine de Charlary, comme l'Appart'City de Mérignac, est une formule de location d'appartements avec un service hôtelier – le Sexy Center en moins. Sauf que comme la région est bardée de travailleurs itinérants, je me retrouve avec un T2 pour moi tout seul. Si j'avais eu le temps, ma famille et/ou des potes avec moi, Dieu sait ce que nous aurions fait de cet espace dont le rangement et l'entretien auraient échapé à notre responsabilité... Sans tout ça, je me suis battu sur 1m carré avec une connexion 3G ridicule pour travailler jusqu'à 23 heures passées, l'oreille vaguement tendue vers la Nouvelle Star pour m'assurer que Benjamin irait bien en finale. Cool. Et puis j'ai même poussé le vice jusqu'à dormir dans le clic-clac plutôt que dans la chambre. Une suite, c'est superflu et donc très agréable, mais hier tout m'a paru bien grand, à l'image du site industriel où je dispensais une formation, tellement étendu que le moindre déplacement, à la clope près, s'y fait en voiture. Aujourd'hui sera sans surprise à côté – et je n'aurais pas à me perdre non plus – puisque je suis déjà venu à Blagnac la semaine dernière. Souvenez-vous, dans une chambre ridicule en plastique, qui rentrerait d'ailleurs dans la salle de bains de ma suite à Charlary...
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