vendredi 25 juillet 2008
Talk to you soon
jeudi 24 juillet 2008
Pour solde de tout compte
Prenons l'édition 2008 du Hellfest, par exemple, sur laquelle je suis intervenu à plusieurs reprises, sans pour autant finaliser mon récit. Alors oui, je me suis fendu d'extrémités - un début, une fin - sans rien vous donner de consistant entre les deux. Sans vous dire par exemple, combien j'ai été remué par la prestation nocturne de Sepultura - euh, pardon, Cavalera Conspiracy. Ouverture sur le fantastique Inflikted, qui rappelle combien le metal moderne doit aux frangins brésiliens, enfin réunis après des années de brouille. La suite du concert, hymne à l'énergie et au partage, navigue entre le premier opus de ce nouveau groupe, et l'héritage de Sepultura et même Nailbomb. Le travail de Max avec Soulfly n'est pas abordé ; la preuve que sieur Cavalera considère bien Cavalera Conspiracy comme la suite logique de Sepultura, son évolution tardive et désirée. Et c'est bien de conspiration qu'il est question : la famille Cavalera s'approprie le public (il est toujours hallucinant de constater que c'est l'un des seuls groupes au cours d'un festival, capable de mobiliser tout le monde pendant plus d'une heure), mais aussi la scène. L'an dernier ou il y a deux ans je ne sais plus, le fils de Max était venu sur scène gratter ses six cordes ; cette année c'est son neveu - soit le fils d'Igor - qui prend la place de papa à la batterie le temps de rythmer le mythique Troops of Doom. Pas mauvais, le fiston (c'est ce qu'on appelle un euphémisme).
In Flames et ses flammes éponymes, redoutables d'énergie ; le son mythique, terrassant de Ministry, a peine terni par l'ébriété remarquable de son chanteur étonnamment inoffensif ; la puissance de Sick of it All ; la découverte Municipal Waste, qui rappelle combien Suicidal me manque sur scène ; la grandiloquence un peu trop dense de Dimmu Borgir ; la technique déconstructive de Meshuggah, presque épuisants dans leurs contre-temps incessants ; l'ampleur hybride d'Opeth, qui n'est pas faite pour être vécue de jour... Reste encore, tout en haut de la liste, la beauté incroyable de la prestation de Porcupine Tree, même pas déstabilisée par l'absence de son deuxième guitariste, le chanteur prenant sur lui d'occuper l'espace pour chanter, évidemment, mais aussi simuler deux guitaristes et un clavier avec maestria. La découverte enfin, de Year of no Light, petit groupe bordelais post-hardcore fantastique, représentation sonore d'un monde qui nous échappe, soundtrack apocalyptique qui m'était inconnue jusqu'alors tout en étant incroyablement familière, et qui a teinté mon été d'un véritable renouveau musical.
Renouveau musical, en effet. Depuis ce jour là, le post-hardcore, le screamo, le doom nippon et autres sont devenus ma nouvelle passion (mais sachez qu'une nouvelle passion ne vient jamais, chez moi, prendre la place d'une ancienne, juste s'y rajouter). J'ai enfin reçus mes CDs d'Envy et j'en suis ravi, je retrouve la force hypnotique de leur prestation entraperçue à Clisson. Partant de Gallhammer et de la très sympathique Vivian Slaughter, j'ai découvert l'autre personnalité de la demoiselle : celle de Vivian Drunkard, alto sax pour Congenital Hell. "Doom metal meets high frequency sonic destruction meets speed demon" des mots de la belle ; des morceaux structurés sur la durée - plus d'une demi-heure pour certains - laissant de la place à la rigueur pesante du doom autant qu'à une certaine improvisation dépressive certes, mais aussi speed et virtuose. C'est sans doute l'un des groupes les plus impressionnants que j'ai entendu depuis longtemps. Le point positif : je suis très impressionnable lorsque je découvre de nouveaux terrains de jeux et d'écoute. Prochaine acquisition prévue : un certain Funeral Moth.
L'écoute donc, prend pas mal de mon temps en ce moment, au détriment des yeux. Tout de même, nous nous sommes replongés avec Béa, dans l'intégral des frasques du Dr House. Niveau films, peu de séances - une seule en fait la semaine dernière, mais de taille : le rattrapage du Zodiac de Fincher, réussite hallucinante de (dé)construction narrative, époustouflante de sobriété visuelle, de justesse de rythme, d'attention à l'obsession. Robert Downey Jr y est remarquable, tout comme l'ensemble du cast, jusqu'à la participation anecdotique d'Elias Koteas.
Images toujours, avec une faiblesse hier : la vision des trailers du nouveau film des X-Files et de The Dark Knight. Les mots me manquent (il faut dire aussi que j'ai dépassé mon quota) ; place aux images, donc.
vendredi 18 juillet 2008
Could the world be a better place ?
Madword à l'E3
jeudi 17 juillet 2008
Tatoués et Bikini Zombie Slaying en vue
En ce moment, c'est l'E3 ; le moment préféré de l'année pour tout amateur de jeux vidéo qui se respecte. Au niveau des annonces, rien de bien délirant : des suites et encore des suites, et peu de nouvelles IP. Le nouveau Prince of Persia a tout de même l'air sacrément sympa. Ce que je retiens moi, c'est plutôt la sortie - enfin - de Yakuza 2 sur PS2 dans nos contrées, prévue en septembre et en VO, histoire de ne pas retomber dans le ridicule du doublage ricain proposé sur le premier opus. Ou l'apparition programmée, elle aussi tardive, du sous-phénomène Onechanbara sur Wii en Europe, rebaptisé pour l'occasion Bikini Zombie Slayers. Un titre descriptif des plus plaisants. Nouveau venu de cette édition, l'iPhone attire de plus en plus ma curiosité ; surtout lorsque le boss de Sega US déclare qu'en tant que machine de jeu, l'appareil est aussi puissant que la vénérée Dreamcast... Certains imaginent déjà l'iPhone enterrer la DS et la PSP. Ne lui manque plus que l'essentiel : une "killer app" comme on dit, l'équivalent Apple d'un MHP2G, capable à lui tout seul de faire de la PSP la console number one de l'année au Japon.
mercredi 9 juillet 2008
Metal Gear Solid : Cold Blooded
Metal Gear Solid: Cold Blooded from TheDuoGroup on Vimeo.
Envie d'avoir Envy
22 heures passées, à bord d'un train et à trois cent bornes de chez moi, où ma mère (merci m'man!) s'occupe de ma femme, alitée avec 39,5 de fièvre et des points blancs au fond de la gorge, et de mes gars - Lulu montrant des premiers signes de contamination... La conclusion ou presque, d'une journée ultra-speed, entre la gestion des enfants, du boulot, du planning de déplacement et de l'alternative à ma présence à la maison. Un premier trajet à la gare pour échanger mon billet aller, un second pour aller chercher ma mère, et le troisième est le bon. Les deux premières heures, une fois n'est pas coutume, sont placées sous le signe de la lecture - Persuasive Games d'Ian Bogost (la rhétorique procédurale dans les jeux vidéo, rien que ça!). Et pour conclure ce trajet inhabituellement long - 2h55 au lieu des 2h10 habituelles - un peu de traitement de texte. Je m'épanche facilement par écrit quand je m'éloigne du réconfort de l'échange marital. Il faut bien compenser ; c'est que je serais mieux chez moi, à m'occuper des miens.
Le titre de ce post fait référence - enfin - à la dernière édition du Hellfest, déjà plusieurs semaines derrière nous. Le Dimanche 22 juin, au terme de 72 heures du concert, le public pouvait choisir de s'éteindre, vers une heure du mat', sur Slayer ou sur Envy. Le premier, tout le monde connaît et ce à juste titre ; le second par contre, je n'en avais même jamais entendu parler. Mon côté Sancho s'affirme lorsque je croise les membres de ce groupe, seuls japonais du festival ; aussi je me décide à délaisser les assauts de Slayer, plusieurs fois pratiqués et appréciés, pour découvrir Envy. Et, quelques jours plus tard, je commande 2-3 disques du groupe sur le Net, que j'attends toujours. D'où le titre.
Envy donc, sous la toile de la Discovery Stage, les pieds en compote, épuisé et j'en passe. Lorsque je débarque avec Steve - collègue de fortune - le concert a déjà commencé. Sur scène, le groupe se perd dans une nappe atmosphérique répétitive, désamorcée par les décibels de Slayer, quelques centaines de mètre plus loin et nettement plus de matos à disposition. Steve lui, connaît mais n'est pas emballé. On échange notre circonspection d'un regard, genre "si ça change pas, on s'en va". Ca ne change pas vraiment mais on reste; la fatigue certainement. Et grand bien nous en prend.
Car lorsque le premier morceau se termine, un second démarre, sur un nouveau motif répétitif. Ça s'étire en longueur, ne cesse de s'exposer, de s'étherer. Et puis, parfois, ça claque. De l'analyse que j'avais faite jusqu'alors des catégories attribuées à tel ou tel groupe, j'aurais appelé ça du post-hardcore, mais il paraît que c'est du screamo. Et c'est étonnant. Le second morceau en réalité, n'était pas foncièrement différent du premier. Ce qui a changé entre les deux, c'est simplement mon implication; toute la différence qui rentre en jeu dans l'appréciation d'un film par exemple, suivant que l'on l'a vu en entier ou non. Autant certains morceaux vous accrochent d'un simple extrait, d'un riff ou d'un motif, autant les épanchements d'Envy semblent requérir une attention intégrale. Pour mieux ériger ce paradoxe essentiel qui construit mon paysage musical, mais aussi cinématographique, littéraire, vidéoludique : la violence n'a d'intérêt que lorsqu'elle est juxtaposée à la douceur. Et vice-versa. D'où l'importance, par exemple, d'écouter Suzanne Vega chanter World Before Columbus avant de se repaître de n'importe quel morceau de The Great Southern Trendkill (Pantera). Mon impression sur le moment : Envy en fait, si on devait faire une comparaison avec un jeu, ce serait un peu Shadow of the Colossus - s'il avait été conçu par Suda 51. A confirmer, ou pas, à l'écoute.
Je reviendrai sur le Hellfest un autre jour, forcément par le milieu puisque j'ai déjà couvert les extrémités. Normalement, j'aurais du me lancer dans l'écriture d'un autre texte, hors Asie pour Sancho, puisque Béa et moi nous sommes plongés il y a deux jours, dans la merveille que constitue l'Innocence de Lucile Hadzihalilovic ; un moment de cinéma durable, comme je n'en avais pas vécu depuis longtemps. Mais comme je m'écroule doucement - laissons l'écriture à plus tard - je vais le faire en retournant les émotions susurrées par la narration émergente du film dans ma tête. Douceur donc, pour aujourd'hui.
vendredi 4 juillet 2008
Liberté médiatique conditionnelle
Une semaine marquée, côté nouvelles du monde, par la libération tant attendue d'Ingrid Betancourt. Une bonne nouvelle certes, qui souligne une nouvelle fois le caractère intrusif et détestable de l'information contemporaine. Non contents de faire du moindre fait divers un drame d'ampleur national, les médias abordent un véritable évènement, humain et familial, avec autant de retenue qu'un mariage de stars vendu au plus offrant. Pour preuve, un segment diffusé sur TF1 hier soir, dans un JT "en forme d'édition spéciale" (dixit PPDA), montrant les retrouvailles de Madame Betancourt et ses enfants. Le caméraman s'impose dans l'avion avec une gestion de l'espace à faire pâlir le Brillante Mendoza de Slingshot (cf. trailer ci-dessous), et la voix off de rappeler que "l'intimité leur a été dérobé pendant plus de six années", sans avoir conscience de l'affront que constitue la prolongation médiatique insolente de cette privation. Affligeant. Et PPDA de conclure l'édition quasi-larmoyant, en annonçant qu'il nous retrouvera encore avec plaisir la semaine prochaine : une émotion liée à la libération, ou à son exclusion prochaine ?
Pendant ce temps là, Sony offre aux possesseurs de la PS3 le "in-game XMB" qu'ils attendaient tant, prolongement de leur signature ergonomique depuis la PSP, sauf que la mise à jour détruit la séquence de boot de certaines consoles. Une première bien malheureuse dans l'histoire de l'update de firmware.
Et je n'ai toujours pas repris mon compte-rendu du Hellfest. Mais ça va venir.