lundi 30 juin 2008

Driving to Vivian's growl

Damnède, cinq jours se sont écoulés depuis mon dernier post ; cela me rappelle tous les blogs que j'ai tenté de tenir jusqu'à maintenant, où l'enthousiasme initial fléchissait rapidement devant les aléas de mon emploi du temps et de mes affections de la période... Je crois d'ailleurs que tous ont eu un post qui commençait par "Damnède", et que c'était l'un des derniers, héraut d'une mort éditoriale certaine - alors tentons que ce ne soit pas encore le cas.
Je profite d'un nouveau déplacement - après trois semaines de break, un simple aller-retour en région parisienne - pour gratter quelques mots. Un trajet aller plutôt tranquille en dépit des prévisions d'opérations escargots paralysantes, si l'on excepte l'oiseau qui a eu la riche idée de venir mourir violemment sur mon pare-brise. L'occasion d'écouter un peu de musique, miettes indirectes de ce Hellfest que je dois toujours vous conter... Car oui, ce qui est bien avec un festival - quel que soit son objet - c'est autant ce qu'on y découvre en live, que ce qu'on y découvre de façon indirecte. En discutant avec des amis, des musiciens, des inconnus... ou en feuilletant un vieux Metallian, proposé au bar artiste comme dans une version destroy de la salle d'attente de votre médecin traitant (plus jeune, j'ai toujours préféré celles de mes coiffeurs et leurs Newlook). C'est ainsi que je suis tombé sur une brève traitant de Gallhammer, trio nippon de donzelles pratiquant du Doom Metal. Ni une ni deux, je me suis rué à mon retour sur le site de Peaceville (leur label) pour m'approprier leur discographie. Et quelle merveille que ce groupe insolite ! Pas du goût de tout le monde à mon avis, mais le râle de la belle Vivian Slaughter possède un charme étonnant, surtout sur des morceaux aussi joliment construits, dans leur inertie, que At the Onset on the Age of Despair (tout est dans le titre) et SLOG. Pour les amateurs : ruez vous sur l'excellent DVD Ruin of a Church, visionné d'un œil ce WE en triant des tickets de péage (véridique).





Autre compagnon de route, le premier opus d'Avenged Sevenfold, Sounding the Seventh Trumpet. Aussi bon cet album soit-il, je le trouve nettement moins réussi que le dernier, n'en déplaise aux puristes qui crient à la trahison. Car tout le talent du groupe réside à mes yeux dans sa faculté à faire du metal potentiellement FM, du vrai. Avec un côté pop, pas mal de côtés core, des guitares à pleurer, et même des voix d'enfants. Et côté voix, pour autant que j'aime les braillards, M. Shadows est bien plus impressionnant quand il chante.
Pour le reste de la semaine, c'est du train-train, mais pas vraiment : le boulot est le même, mais le cadre a changé puisque nous avons investi notre local! J'ai encore un peu trop de paperasse pour vraiment en profiter, mais je suis quand même vraiment enthousiaste. Et Béa aussi.

Un peu d'images tout de même pour terminer : nous avons enfin regardé le World Trade Center d'Oliver Stone hier soir. Film d'une retenue étonnante, synecdoque singulière d'une catastrophe contemporaine, qui nous rappelle combien la douleur se prolonge au-delà de l'impact. Pour le coup, c'est une réussite bien pensée, pudique et respectueuse. Même si les gravats et Maggie Gyllenhaal volent la vedette à Nicolas Cage.

jeudi 26 juin 2008

Sountrack to my own private apocalypse

Deux jours déjà, que j'ai remis les pieds sur Terre, après 72 heures passées à Clisson, dans le confort épuisant du microcosme Hellfest. Première constatation : je n'ai plus vingt ans, et je ne me suis toujours pas remis, ni de ma rhino, ni des 10 heures de sommeil grappillées sur l'ensemble du séjour en enfer. Le sourire par contre, procuré par le souvenir de ce voyage musical et humain, d'Ultravomit à Envy, de la Couille de loup à la fragrance FUGB (foin-urinoir-graillon-bière), de mes amis à ces stars inconnues - charmantes pour la plupart - auxquelles nous avons servi quelques hectolitres de bière, est toujours bien là. Si les histoires à conter sont nombreuses, elles le seront moins dans ces lignes car certaines se doivent de rester à la fois private et off. Ce qui ne m'empêche pas d'avoir matière à m'épancher.

J'ai pas mal réfléchi depuis mon retour, à la meilleur façon de rédiger un compte rendu du festival. Ma première solution avait été d'opter pour un hommage à sieur Hunter S. Thompson, et de vous livrer un portrait exacerbé de la décadence des néo-nazis satanistes qui emplissent les lieux, de me concentrer sur les fluides versés à double sens par ces jeunes blafards qui portent leur agressivité à fleur de t-shirts chèrement acquis. L'objectif : satisfaire par anticipation subjective l'idée fausse (partiellement du moins) que chacun se fait du public Metal, pour mettre en avant le fait que, au final, le monstre est bien le narrateur, qui se contente de projeter sa propre perversion, et contamine le récit de ses abus à défaut de trouver matière authentique à se mettre sous la dent. Ce serait marrant, et puis Thompson est un peu un de mes Dieux - je suis polythéiste à l'extrême, façon American Gods - mais je vais tenter finalement, d'être plus mesuré. Un peu.

Bénévole au festival pour la troisième édition, j'attaque l'édition 2008 moins warrior que d'ordinaire. Il faut dire aussi que le déluge de l'an dernier, les voitures embourbées, les nuits à dormir dans des algecos inondés, nous avaient tous un peu calmés. Du coup, nous dormirons au sec, chez des amis. Merci aux Kargalliens. Alors que nous étions aux loges Second Stage les années précédentes, à nous le confort de l'un des nouveaux dispositifs du Hellfest : le bar artistes. Avantage : les pieds au sec, au calme. Désavantage : on piétine sévère - sans pour autant s'ennuyer - et on est les derniers à fermer. Mais on peut discuter avec les collègues de Mayhem, philosopher avec des Roadies anonymes gavés de Death Metal, se prendre la tête avec des Tour Managers (celui d'Opeth par exemple, pour une incroyable histoire de bières post-fermeture), admirer la descente d'Al Jorgensen et autres techos des Comeback Kid, pratiquer l'espagnol avec des skaters émérites, venus braver le bateau-skate park conçu pour l'occasion, faire ami-ami avec des coreux Bordelais. Et puis, accessoirement, profiter de musique venue des tripes de la Terre en compagnie de ses potes, faire des plans sur la comète, monter des projets passionnants. A la famille près : un monde parfait, somme toute.

Surtout lorsque les portes s'ouvrent sur le délire d'Ultravomit, dont le "Jacques Chirac" résonne encore dans nos oreilles sans même qu'ils l'aient joué. Un peu de régionalisme ne nuit pas et il est agréable de voir le trio nantais ouvrir le festival sur la Mainstage. Ma playlist personnelle sera par la suite composée de pas mal de bribes - Municipal Waste, At the Gates, Envy, Meshuggah, Motorhead, Today is the Day, Sick of it All, Dimmu Borgir, In Flames, Mayhem, Morbid Angel - et de quelques concerts complets - Paradise Lost, Porcupine Tree, Opeth, Cavalera Conspiracy, Year of no Light (ce dernier constituant d'ailleurs ma révélation du festival, à l'origine du titre de ce post). Une sélection fantastique, même si les horizons sont peut-être moins vastes que dans les éditions précédentes. Cette année, c'est très metal et old school sur les deux scènes principales, et il faut plonger sous la tente de la Discovery Stage pour jouir de post hardcore et autres chaos étudiés. En gros : sur la pelouse, ça manque d'un Converge ou d'un Walls of Jericho. Peut-être parce que nous sommes supposés vivre un second Hellfest en août, 100% hardcore, culture locale oblige. A voir. En attendant, on pourra toujours aller écouter Converge au Ferrailleur le 22 juillet prochain.

Mais ce post s'éternise et, comme je le craignais, je vais vous bassiner avec mon récit plusieurs jours de suite. Là, je suis dans le train pour Paris - retour au boulot oblige - et je ne pourrais rien mettre en ligne avant demain de toute façon. De l'écart entre le présent de narration et celui de publication. La suite au prochain épisode.

jeudi 19 juin 2008

Hack/Fatigue

C’est fou ce que la fatigue peut vous rendre vulnérable : à peine rentré, déjà abattu, voici que la rhinopharyngite de notre Lulu a profité de ma baisse de résistance pour me mettre par terre. Ça, c’était sûr : alors que je m’acharne au boulot depuis des mois sans véritable pause, le Hellfest, qui doit m’extraire un peu de ce cycle infernal, commence demain. Et il est certain que manger du metal 15 heures par jour pendant 3 jours est nettement plus aisé avec le crâne en compote… Qu’importe, je vais me débrouiller !

Béa et moi avons encore bien avancé la paperasse pour la création de notre SARL ; tous les documents sont disponibles et je vais donc pouvoir allez immatriculer tout ça. Aujourd’hui peut-être, si j’ai suffisamment de force… Mais passons à des choses plus divertissantes : hier, entre deux lignes de code destinées à explorer les possibilités de l’ExternalInterface de Flash CS3, j’ai craqué sur le digital download star de la semaine, démo payante de l’un des jeux les plus attendus de l’année, Spore. « L’atelier des créatures de Spore » (Spore Creature Creator en VO), vous permet de jouer au créateur de bestioles, puis de les mettre en scène et de les photographier ou même les « filmer », histoire de partager tout ça sur le net. Comme ceci.

spore_20080619

L’outil, foncièrement inutile, merveilleux (les possibilités sont innombrables) et indispensable (même sans le jeu qui va avec), m’a renvoyé à une autre merveille du genre, interface devant laquelle j’ai englouti bon nombre d’heures : la création de votre avatar dans City of Heroes. Et là forcément, j’ai une pensée émue pour Captain Bledina, mon premier véritable avatar numérique avant de m’enticher d’une morte-vivante démoniste et autre guerrier Tauren. Si seulement ce module là était disponible en stand alone… Rien que d’en parler tenez, je retournerais bien, un peu, arpenter les rues de Paragon City, explorer les hauteurs de la ville en compagnie du Captain, combattre quelques bonshommes de neige et autre roi citrouille événementiel…

Mais trêve d’écran(s) : aujourd’hui je tente de finaliser un paquet de trucs côté boulot, et demain je pars pour Clisson ! Au programme : Mayhem, Madball, Paradise Lost, Sick of it All, Carcass, Dimmu Borgir, In Flames, Treponem Pal, Porcupine Tree, Apocalyptica, Cavalera Conspiracy, Slayer, Opeth et j’en passe… God bless heavy metal ! Et rendez-vous la semaine prochaine, donc.

mardi 17 juin 2008

Reconnexion

Cela fait plusieurs jours déjà que je suis rentré à la maison… et mon dieu que ça fait du bien ! Evidemment, comme avec n’importe quel rythme, la rupture du cycle infernal 500 bornes – formation – boulot – dodo m’a surtout laissé sur les rotules ce weekend. Si j’ai profité de ma femme et de mes gars, j’ai aussi pas mal profité de mon lit, effectuant siestes à foison. Et même hier – en même temps c’était lundi – pas facile de s’y remettre. Bilan des choses à faire, rattrapage des choses non faites, suite de la paperasse (pas si lourde que ça) pour la création de la société (ça y est, le bail est signé !)… et hop, la journée était bouclée. Encore pas mal d’administratif à faire – démarches, devis, relances clients – avant de mériter le HellFest en fin de semaine.

Côté loisirs, Béa et moi avons bien aimé Resident Evil : Extinction, rattrapé dimanche suite à sa sortie en DVD. Mulcahy et Anderson s’en sont bien sortis pour calibrer leur produit intelligemment, entre ambition restreinte et moyens limités, Milla est comme toujours magnifique et Ali Larter est de plus de la partie… Les scènes d’action sont peu nombreuses mais évitent d’être épileptiques, le côté Mad Max n’est pas exagéré, et le bestiaire si souvent décrié de la série dans son incarnation live, correspond bien à mes yeux, à la grandiloquence propre à Capcom. Alors soit, nous sommes bien loin des jeux d’origine (la question reste valable : est-ce vraiment un mal ?), mais cette Alice là, moi, décomplexée et entourée de non-morts, je continue d’en redemander.

Côté lecture, rattrapage des Punisher War Journal après avoir bouclé un an de Punisher Max. Pas plus restreint certes, mais le coup de crayon d’Ariel Olivetti – aussi bien sur un Frank Castle mi-Punisher mi-Captain America que sur l’odieux Hate-Monger – est proprement merveilleux. Et puis j’ai tout de même battu un record du monde à New International Track & Field (le javelot). Il se peut toutefois, vu la violence de mes ébats au stylet avec ce titre, que ma DS ne lui survive pas… Que dire sinon ? Que l’on déplore la disparition hier, trop tôt, de l’immense Stan Winston, qui marque peut-être symboliquement la fin d’une époque : celle des effets de plateau. There’s no school like old school.

vendredi 13 juin 2008

Presque...

Réveil chez mes parents ce matin ; nettement plus agréable tout de même, que l'anonymat d'une chambre d'hôtel. D'ailleurs j'ai l'impression de commencer à sortir de l'espèce de Quatrième dimension dans laquelle je me trouvais depuis quelques jours, sérieusement déraciné (et je crois que j'ai par ailleurs traversé plusieurs fois la forêt de Tales from the Darkside au cours de mes trajets). Hier, j'étais supposé faire le trajet le plus court de la semaine - Poitiers-Paris - et c'est pourtant certainement celui qui m'a semblé le plus long. La fatigue, certainement... Heureusement, sur place, le réconfort de la famille m'attendait, ainsi que la possibilité de me défouler un peu sur le New International Track & Field (NITF) de Konami, attrapé hier (jour de sa sortie) à Poitiers avant mon départ. Pourquoi, le 12 juin 2008, ai-je privilégié un party game athlétique sur DS plutôt que le dernier opus des aventures de Snake, sorti sur PS3 en même temps - Metal Gear Solid 4 ? Le truc c'est que, virtuellement, je suis un grand fan de Snake : j'ai adoré le premier opus PlayStation - même la version GameBoy Color, d'ailleurs - ainsi que, n'en déplaise à la majorité, Metal Gear Acid (excellent mélange de stratégie au tour par tour et de collectionnite aigüe à base de trading cars immatérielles). Le reste ? Traumatisé, à l'époque, par la révélation Metal Gear Solid 2 (la "mort" de Snake, autour de laquelle la presse avait à l'époque uniformément joué le jeu du spoiler-free), j'ai posé ma manette et bizarrement, ne l'ai jamais reprise depuis. Ce qui ne m'a pas empêché de rajouter MGS3, Metal Gear Acid 2 et même Metal Gear Portable Ops à ma ludothèque... Logiquement donc, avant d'accompagner celui que l'on surnomme désormais Old Snake dans sa dernière aventure, j'aimerais prendre le temps de vivre celles qui l'ont précédé. Autant dire que l'achat n'est donc pas justifié avant un certain temps... Espérons que Kojima tienne parole et ne nous serve pas un cinquième opus trop rapidement; mon rêve moi, serait qu'il se penche sur un Zone of the Enders (l'une de mes séries préférées) sur PS3.

NITF, donc. Retour aux bases du jeu vidéo - l'acharnement sur des boutons, ici transposé en manipulations frénétiques du stylet, mêlé à un sens précis du timing - pour ce jeu fait de mini-jeux (pas mal d'épreuves ont l'air d'avoir été implémentées) qui rappelle qu'avant que la Wii et la DS ne trustent le concept, Decathlon et ses semblables avaient déjà lancé l'idée du jeu simple, accessible et convivial dans la même pièce. Un retour aux sources bien agréable ; et puis c'est l'occasion de revenir sur DS après les mois passés en exclusivité sur le meilleur jeu du monde : Monster Hunter Freedom 2. Je me bats un peu pour ne pas m'y replonger d'ailleurs. Ou mieux, patcher MHP2G pour pouvoir l'apprécier en anglais, et découvrir ses nouvelles possibilités... Mais le plus important aujourd'hui, reste de rentrer chez moi, prudemment mais LE PLUS VITE POSSIBLE ! Ma femme, mes enfants... I am on THE way! (prononcez "zi ouéille", en hommage à Martin Lawrence dans Bad Boys 2). Après avoir correctement fait mon boulot, of course. Sur ce...

jeudi 12 juin 2008

"It's a day that I'll never miss..."

Réveil surréaliste ce matin, dans la même chambre ou presque qu'il y a deux jours, à l'Hôtel Ibis de Poitiers... Comme si je n'avais pas effectué un aller-retour sur Bidos, et que je n'avais pas passé une "délicieuse" journée à quelques enjambées des Pyrénées hier... Pourtant les souvenirs sont bien là. Me retrouver mardi sur l'A63, bloqué par la gendarmerie qui filtre les camions de plus 7,5 tonnes pour éviter de les envoyer s'entasser sur les aires saturées qui précèdent la frontière espagnole. Arriver à Oloron Sainte-Marie pour me rendre compte que j'ai oublié de regarder où est mon hôtel, et que je ne sais même pas comment il s'appelle. Découvrir que, dans un hasard bienveillant, je me suis garé à 100 mètres de l'Hôtel Allyson, véritable 3 étoiles réservé par ma femme (toilettes séparées de la salle de bains - ce qui confirme ma théorie - mais aussi spa, sauna, piscine et petit dej' à 11 euros). Voir mes plans de ballade ruinés par le boulot et les intempéries locales, apocalyptiques. Me réveiller le lendemain matin dans la grisaille, devant l'incompétence des services d'information de la Cinquième (cf post d'hier). Arriver au poste de garde de l'entreprise où je dispense ma formation, pour qu'on m'annonce qu'il n'y a pas de parking visiteurs, et qu'il me faut donc me trouver une place légale "quelque part" (à près de 15 minutes à pied, donc). Tenter, toute la journée, d'effectuer une formation à l'utilisation d'un SPiP en ligne sans connexion Internet ou presque. Terminer super tard, de nouveau sous la pluie, et travailler sur ordinateur à l'arrière de la Micra pour satisfaire des clients capricieux. Repartir à 18h30 avec, en vue, près de six heures de route. Démarrer sous des trombes d'eau, franchir des routes inondées - au point de redouter de tuer la voiture -, jouer à Dirt, en vrai, sur les routes du Béarn...

Eh bien si, les deux derniers jours ont bien eu lieu, en dépit de l'étrange sensation procurée par le retour au même endroit, au même hôtel. Le numéro de ma chambre a changé, mais la disposition des meubles elle, est strictement identique. Bien que j'ai rechigné à prendre la route hier soir, celle-ci bien que difficile, s'est avérée plutôt agréable ; et je dirais même mieux : agréable car difficile. Effectivement, les trois premières heures du trajet sont passées à une vitesse étonnante, entre le côté rallye grisant de la conduite sur les routes inondées du Béarn (l'impression de vitesse dans de telles conditions est énorme, même à 50 km/h), la traversée surréaliste de cette superbe petite ville qu'est Navarrenx (première ville bastionnée de France, pour votre information), au sein de laquelle la circulation tient du labyrinthe, les orages terrifiants que je traverse en à peine deux minutes à chaque fois à l'approche de Bordeaux, mon côté bon samaritain qui me pousse à prévenir la gendarmerie après avoir évité de justesse un pneu sur l'A63, à 130 km/h... Et puis enfin, fêter avec Titine (la voiture) son cent-millième kilomètre, au son de Juliette & the Licks.

Seconde partie du trajet plus longue car moins colorée ; mais mon iPod est cette fois chargé d'une playlist réfléchie pour me donner un coup de fouet. A la fin de Watershed, dernier et merveilleux opus d'Opeth, place, en pleine obscurité, à la bande originale de Rocky IV. Un CD que je convoite depuis bien longtemps, que je suis ravi d'avoir trouvé en boutique plutôt qu'online (en hommage à ma cassette d'origine, achetée par ma grand-mère chez un disquaire de Gap). Avec Watershed et Ultimate Ghosts'n Goblins sur PSP, il s'agissait là de mon kit se survie pour Oloron. Trop fatigué, je n'avais toutefois permis au jeu de Capcom de m'humilier que quelques minutes avant de m'écrouler. Rocky IV donc, et ses merveilleuses pistes instrumentales - War/Fanfare et Training Montage - fantasmes de gosse qui prennent une texture toute particulière à 23 heures passées sur l'autoroute, une clope au bec (oops, c'est interdit ça!). Une touche ringardo-positive, qui m'a permis, au final, de conclure ma journée sur un sacré sourire. Et ce soir, direction l'Ile de France, et le confort de l'appartement de mes parents, avant d'enfin rentrer à la maison demain. C'est comme si j'y étais.

"Though his body says stop, his spirit cries Never !"

mercredi 11 juin 2008

"Internet : nuit gravement à la santé"

Incroyable. Au moment même où j'écris ces lignes, quelques minutes après mon réveil à Oloron Sainte-Marie (nous y reviendrons dans quelques instants), la Cinquième rediffuse le sujet traité par C dans l'air hier soir : "Internet : nuit gravement à la santé". Alors soit, j'ai raté le début, mais peu importe le stade atteint dans la discussion entre les participants, on distingue, en background quasi-subliminal, des screenshots de GTA IV. D'emblée, avant même de m'intéresser au contenu, je comprends qu'une émission pourtant relativement sérieuse a fait l'amalgame entre jeux vidéo et Internet. Si leur cheval de Troie s'appelle GTA, on imagine le cheminement "intellectuel" : le jeu constitue une caricature sociale, contient une dimension sociale (par le biais de ses facettes multijoueurs), et rend asocial et sociopathe... mais à grande échelle. Au cœur du changement d'échelle, de l'individuel vers le groupe - et donc forcément "tout le monde" -, Internet (sa technologie, et non le phénomène). Pour le moment, j'extrapole, pourtant, le temps d'écrire ces lignes, tout y est passé, de sujets sur les otaku à l'analyse des hobbies des jeunes ayant été à l'origine des massacres universitaires américains de triste mémoire. Internet = jeux vidéos = violence. Au passage, l'analyse de GTA faite ci-dessus, qui pointe du doigt une mise au même niveau, maladroite, de plusieurs incarnations du lien social, est aussi validée par l'émission, qui donne l'exemple de suicides annoncés sur Internet, et ignorés par les amis de la future victime. Comme je l'imaginais, les participants confondent le caractère social d'Internet, et l'inadaptation sociale à la fois de la victime, mais surtout de ses "amis", puisque leur absence de réponse montre bien leur ignorance du lien social qui existe, quelque soit le réseau, entre les gens. Ce qui est à critiquer, ce n'est pas le fait que l'information soit diffusée sur Internet, mais bien qu'elle ait été ignorée, non ?

Alors voilà : la Cinq assimile Internet et jeux vidéos, considérant certainement que tous se jouent en réseau. Au travers de quelques cas sociopathes (l'émission prend pour point de départ un triste fait divers meurtrier au Japon, le week-end dernier), la chaîne tente d'incarner le Jack Thompson du pauvre (ce qui me rappelle l'excellent dossier récent de Canard PC, se demandant si la France pouvait aussi produire un Thompson). Certains spectateurs jouent le jeu de ce panel d'illustres ignorants par SMS : "Tuer, torturer, détruire sont à la base de tous les jeux vidéo. Comment après ça un gamin peut-il devenir un adulte équilibré?", d'autres, évidemment joueurs, se moquent des propos tenus. Allez qu'importe, tout le monde a le droit d'avoir son opinion sur la question. Mais ce qui est grave, ce sont les erreurs sans cesse commises par les intervenants, qui n'y connaissent rien et déforment la réalité pour valider des propos absurdes. Ainsi à la question : "Des millions de gens jouent. Allons-nous vers une armées de tueurs psychopathes?", un éminent cerveau français répond comme suit (en gros). "Il y a des précédents à cela (...) les soldats américains, avant de partir en Irak, s'entraînent sur Full Spectrum Warrior, un jeu vidéo téléchargeable gratuitement sur le site de l'armée américaine." Alors déjà, ce n'est pas le bon jeu (ne pas confondre avec Full Spectrum Command ou America's Army) - THQ ne serait pas ravi d'apprendre que son jeu, initialement conçu il est vrai, pour l'armée, est dispo gratuitement sur le web - mais voyez l'incroyable démagogie de la réponse : c'est le jeu qui a fait de ces hommes des soldats. Le concept de simulation serait-il donc intrinsèquement nocif ? No comment. Et dire que, pendant ce temps là, EDGE a le courage de faire sa nouvelle une sur MadWorld - "we kill because we care" - tout en revenant sur la production de Carmageddon...

Le plus triste dans tout ça, c'est que C dans l'air a au passage perdu toute crédibilité à mes yeux. Alors que je regardais d'habitude l'émission avec intérêt, pensant y apprendre quelque chose à chaque sujet traité, je me rends compte désormais qu'il vaut mieux fuir son manque de sérieux. Avec tout ça, plus le temps de revenir sur ma journée d'hier... pas grave, ce sera pour mon prochain post! En attendant, vous pouvez revoir l'émission en ligne.

mardi 10 juin 2008

Silent Hill Origins

Si le rire, contrepied évident, a toujours su se trouver une place aux côtés de la peur, il en est autrement d'une vaste part du spectre émotionnel humain. Silent Hill 2 (SH2) reste aujourd'hui, des années après sa sortie, un objet unique en ce qu'il est justement capable d'effrayer, dégoûter, mais aussi faire douter, pleurer... et surtout s'ancrer, dans son malaise insondable, au plus profond de nous, de façon durable. Récemment, c'est à mes yeux un film qui a réussi le pari de concilier terreur et émotions : l'incroyable 28 Weeks Later, film quasi parfait rendu plus fascinant encore par son alternance entre le chef-d'oeuvre et le nanar, "tutoyant régulièrement les étoiles" avant de se travestir en Joseph Zito. Mais combien d'œuvres peuvent se vanter de vous avoir fait pleurer au beau milieu d'une scène hardgore ?

Sa force émotionnelle, SH2 la puisait aussi bien dans l'histoire exo-intérieure de James Sunderland, que dans le spectateur, régulièrement (trop?) mis à contribution par le biais de la mise en scène et de la narration. Substrat borderline du premier opus - avec ses objectifs absents qui poussaient le joueur à visiter chaque maison, chaque chambre de la ville pour avancer - la volonté du joueur est le moteur de SH2, miroir de l'auto-analyse inconsciente de son avatar. Dans une approche qui est limite une faute en matière de gameplay, le monument de Konami se repose à de nombreuses reprises (l'intro, le labyrinthe dans lequel il faut éviter Pyramid Head) sur cette seule volonté, au risque de voir le joueur abandonner l'aventure, frustré, déjà trop habitué, à l'époque, à la linéarité quasi-didactique de bon nombre de titres.

SH3 est un titre à part, riche en idées et émotions, inestimable dans son envie d'amener l'horreur jusque chez son héroïne, à cheval comme 28 Weeks Later entre le génial (le monde qui "pourrit" en temps réel, sur vos talons) et la dérive action (l'omniprésence des armes à feu). A partir de SH4, titre rattaché in extrémis à l'édifice Silent, rien ne va plus. L'action prend le dessus, l'univers est une façade reconnaissable mais ses mécaniques l'emportent sur le joueur, captif d'une unitéralité narrative : dans The Room, le joueur ne donne pas - ou si peu - de lui-même.

Silent Hill Origins (SHO) forcément, a donc l'objectif ardu de vouloir renouer avec la trilogie originelle, de se positionner - narrativement parlant - en amont du premier opus, tout en intégrant les différentes évolutions de la série - et du genre Survival Horror en général, redéfini par Resident Evil 4. Le premier constat, hommage à la PSP, est que le format portable ne nuit pas, a priori, à l'édifice : la réalisation est magnifique, l'ambiance sonore impeccable (merci Akira Yamaoka). Pourtant d'emblée, quelque chose ne colle pas. Travis Grady, imperturbable, débarque dans Silent Hill sans jamais remettre en question sa santé mentale, ni même la raison de sa présence en ces lieux. On devine bien une justification de son purgatoire, mais la présence de la fillette maléfique, justification rétroactive d'une partie de l'interprétation (impeccable à mes yeux) livrée sur grand écran par Christophe Gans, tient de l'artifice, de la cohérence adaptative. Et surtout, la volonté répond aux abonnés absents. Le titre tente bien de nous faire croire le contraire, laissant au joueur le soin de déclencher son passage dans l' "autre monde" au travers des miroirs du jeu (aucun n'offrant de vision aussi malsaine et magnifique que le fauteuil roulant proposé à Heather dans SH3). Mais la sirène redoutée, vecteur de sueurs froides, est absente, et le choix n'en est pas un puisque les allers-retours entre les deux réalités sont de toute façon aussi obligatoires que linéaires.

Pour faire peur, SHO compte beaucoup sur les confrontations immédiates avec les créatures qui constituent le bestiaire de Silent Hill, au détour des temps de chargement qui accompagnent chaque porte franchie. Maladie des jeux d'actions contemporains, les QTE (Quick Time Events) accompagnent souvent ces attaques imparables, et retirent aux affrontements l'inertie qui accompagnait ceux de SH2. Renforçant cet appauvrissement, l'arsenal de Travis tient du grand n'importe quoi : j'ai ainsi terminé l'aventure avec, dans mes poches, des centaines de munitions, un paquet d'armes à feu, sans compter les innombrables téléviseurs portables, queues de billard, couteaux, crochets à viandes, lances, katanas et j'en passe. Je préférais largement la parcimonie mesurée de SH2, pesante sans être pénalisante comme dans les premiers Resident Evil, que cette fausse richesse au combat. Ici de toute façon, vous pouvez venir à bout, sans risque, de quasiment toutes les créatures à l'aide de vos poings.

La durée de vie enfin, est un gag. Moi qui suis d'ordinaire peu sensible à l'argument de la durée de vie, suis bien obligé de condamner une aventure qui se termine en moins de cinq heures. Les boss sont inconsistants en dépit de leur charisme - exception faite de l'espèce de X-tro faiblard qui clôture l'histoire, ridicule - et le défi est absent. Reste qu'il y a un certain plaisir à parcourir SHO et que, dans l'absolu, ce n'est pas un mauvais jeu. Mais il renforce plus que jamais, le statut unique de ce mètre étalon horrifique, tous médias confondu, qu'était et restera longtemps, Silent Hill 2.

lundi 9 juin 2008

Déjà que le dimanche soir, c'était plutôt métal...

Ne parlons pas de la route aujourd'hui. Non, ne parlons pas du fait que, au départ de Vernon pour Poitiers, je suis passé à quelques centaines de mètres du bâtiment où je dispense une formation ce vendredi, ou encore du fait que, quelques kilomètres plus loin, j'ai fait un bout de route sur le tronçon qui, d'ordinaire, me ramène auprès des miens. Ne parlons pas du fait qu'il est bien compliqué de se faire refuser sa carte bleue au passage d'un péage, alors que les véhicules se sont accumulés derrière vous. Ne parlons pas de tout ça. Parlons de quelque chose de plus important.

Aujourd'hui, la France toute entière est bouleversée, car l'info sur l'une de nos chaînes est enfin libérée. Et oui mesdames et messieurs, PPDA s'en va ! Peu importe que sa remplaçante annoncée ne soit pas forcément meilleure (mais laissons-lui le bénéfice du doute). A bégaiement égal, questions aussi vaines en interview - surtout lorsqu'il s'agit de stars féminines de cinéma - je veux bien accepter n'importe quel visage en remplacement. Si j'étais quelqu'un chez TF1, je briserais d'ailleurs cette volonté de faire du présentateur du JT un membre de la famille. Déjà que la réalité horriblement racoleuse colportée par les caméras s'invite tous les soirs à nos tables, si en plus c'est toujours le même qui annonce les mauvaises nouvelles... Je préfèrerais une formule plus libre, avec, sinon une nouvelle tête tous les soirs, au moins un vivier en rotation. Que le présentateur (la présentatrice) soit imparfait(e) importe tant peu tant qu'il (elle) a de la personnalité et des idées. Et puis le côté imprévu rajouterait certainement un peu de piment à ces pénibles confrontations familières entre nos élus - ou ceux qui voudraient l'être - et ceux qui se veulent, plus ou moins démagogiques, nos porte-paroles. Mais ça, c'est mon avis ; un remplacement c'est déjà pas mal. Et comme le dimanche soir, c'est plutôt métal (© Le Mouv), reste plus qu'à ne pas allumer la télé le samedi soir, et c'est gagné. Ou à regarder des redif de New York District programmées en boucle sur TF6, c'est tout aussi formaté, et nettement plus agréable.

dimanche 8 juin 2008

Vernon, Eure

Moins de 72 heures pour profiter de ma famille avant de reprendre la route... Ce fut court, mais nous avons bien profité, notamment de la journée de samedi, kermesse de l' "autre école" du bourg oblige. A défaut d'être présent à celle de l'école de mon fils dans deux semaines - cause Hellfest - j'ai au moins pu voir Hugo à l'œuvre, trop heureux d'échanger des tickets contre une participation à un jeu qui, toujours, débouche sur un carton rempli de bricoles où choisir un cadeau... Lulu n'était pas en reste non plus, amoureux des chevaux et poneys présents sur les lieux mais pas trop ; un peu comme de l'Elephant de l'Ile de Nantes, avec une crainte primale imposant une distance de sécurité, mais surtout pas l'éloignement complet. Et puis voilà, nous sommes Dimanche soir et me voici à Vernon (27), à 430 et quelques kilomètres de la maison. Le premier pas d'une semaine qui m'entraînera dans un véritable shuffle au travers de la France (de Vernon à Bidos en passant par Poitiers, avant de faire le trajet inverse pour Velizy et d'enfin revenir dans le 44, tout cela sur 5 jours), à l'image de mon iPod qui, tout au long du trajet, faire faire le grand écart à mes oreilles, de Cradle of Filth et The Haunted à Eriko Imai et Ayumi Hamasaki, en passant par Hilary Duff, Gwen Stefani et autres Juliette & the Licks - une préférence personnelle. La beauté de l'aléatoire éclectique.

La route elle, fut moins variée que sa bande son; en dépit d'une étrange brume de chaleur en traversant le pays d'Auge, comme si tout le paysage cramait à petit feu. Un grief de plus à l'encontre de Mappy, qui m'incite à prendre l'A13 en direction de Rouen alors qu'il s'agit de l'A24, laquelle débouche plus de 200 bornes plus tard sur la "véritable" A13. Ou qui omet encore de prendre en compte, arrivé dans Vernon, les sens interdits et autres particularités de circulation locale, et a donc manqué de me faire emprunter une voie à sens unique... Mais, après avoir croisé un domaine au nom sympathique ("Le Domaine de la folie"), je suis tout de même arrivé à l'Hôtel Normandy (merci Baba!), trois étoiles et les toilettes à l'extérieur de la salle de bains, un critère de luxe si j'en crois mes récentes expériences hôtelières. Il faut dire que le bâtiment se voudrait british, mais il lui manque, je crois, un certain flegme. Encore que :
- "Est-ce que ma chambre est fumeur ?"
- "Ca dépend. Vous fumez ?"
- "Oui."
- "Alors c'est une chambre fumeur."

Jour du seigneur oblige, pas de boulot ce soir. D'ailleurs, je me suis empressé de finir Silent Hill Origins en arrivant dans ma chambre. Je digère - plus ou moins devant Le Terminal de Spielberg -, et on en reparle.

samedi 7 juin 2008

Le plastique c'est fantastique - mais le bois c'est pas mal non plus

Pas beaucoup de temps hier encore, pour m'éloigner du boulot et tenter de dompter les instruments en plastique de l'excellent Rock Band. J'ai bien essayé de profiter d'un petit Welcome Home (Coheed & Cambria), mais mes deux tentatives ont été interrompues par des coups de fil de clients... Qu'à cela ne tienne : le créneau suivant, en fin d'après-midi, m'a permis de délaisser ma Fender Stratocaster en plastique pour le confort, pesant et périlleux, de ma véritable Jackson JS30RR Rhoads. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas tenu la bête, toute de noir vêtue, dans mes doigts, lui préférant ma Yamaha modifiée pour les quelques cours auxquels j'ai pu assister ces derniers mois, moins susceptible d'éborgner mon professeur. Bon, je ne joue toujours pas comme un Dieu, ni même comme un de ses représentants, intérimaire et manchot, sur Terre, mais le plaisir est immense, surtout couplé à une pédale Death Metal. Les fausses guitares c'est bien, et c'est un très bon exercice rythmique et de doigté (surtout à l'image d'un Dragonforce à 100% en Expert...) que de s'adonner à Guitar Hero et ses descendants. Mais la réalité, nettement plus complexe, est aussi nettement plus riche. Surtout quand, amateur de bruit devant l'éternel, vous arrivez (un peu) à faire des sons parasites de l'ampli saturé et des cordes non maîtrisées, une composante presque volontaire de votre "performance". Avec ça forcément, quelques minutes durant, les coups de fil du monde extérieur passent à la trappe - et les consoles aussi.

Bien que les périphériques créés pour les consoles de salon aient popularisé les jeux de musique au-delà du simple DDR, les consoles portables elles, restent perméables ou peu convaincantes, en matière d'expérience musicale. Guitar Hero On Tour paraît bien dérisoire, tout comme Jam Sessions en son temps (pas si éloigné). Il y a toutefois un produit que j'attends avec impatience : le KORG DS-10 Synthetizer qu'AQ Interactive éditera au Japon le 25 juillet prochain. N'hésitez pas à aller jeter un œil sur le site officiel pour vous en convaincre ; vous y trouverez même un mp3 généré par le soft en guise de démonstration. Après l'insolite Elektroplankton, la DS s'affirme donc une nouvelle fois comme la seule console capable de devenir un instrument, plutôt que de le simuler. Mais la simulation a aussi du bon ; si seulement Taiko no Tatsujin daignait sortir chez nous, ne serait-ce que dans l'une de ses itérations...

jeudi 5 juin 2008

Proportions

Je crois que Kirsten Dunst a sensiblement raison lorsque, dans Elizabethtown, elle suggère à tout le monde de faire un road trip au moins une fois dans sa vie ; c'est du moins ce que je me suis dit tout au long de l'A62 hier soir, parcourant les 230 et quelques kilomètres qui séparent Bordeaux de Toulouse, sous un soleil généreux. Bon, je ne savais pas encore que le même soleil me cramerait les yeux quelques heures plus tard, perdu une fois de plus dans les derniers kilomètres de mon trajet par les infos de Mappy, peut-être justes si l'on s'en tient aux plans d'aménagement territoriaux, mais nettement moins pertinentes du point de vue de la signalisation. Désespéré, j'ai d'abord appelé ma femme au secours – ça ne sert pas forcément à grand chose, mais ça réconforte – avant d'avoir la présence d'esprit d'appeler directement mon hôtel. Je ne sais toujours pas si le fait que cette requête soit tardive est un signe positif d'assiduité à la conduite non-accompagnée, ou un trait de bêtise pure – tout comme je ne sais toujours pas si cette remarque d'un client dans le Nord en début de semaine (« Vous parlez come Philippe Manoeuvre ») est un compliment ou non, mais c'est une autre histoire. « Je suis perdu. Je suis à Rouffiac-Tolosan, devant l'école primaire, et je ne vous trouve pas. » La réceptionniste, faisant fi de l'effet standing, a une réponse très claire : « Vous avez croisé le centre commercial et le Mac Donald's ? Nous sommes juste à côté, derrière les platanes ». Superbe réponse, riche en informations. La première inquiète (à côté d'un Mac Do??), la seconde rassure (le coup des platanes, surtout avec un accent espagnol), et l'ensemble fait du bien parce que ces repères là, quoiqu'on en pense, sont simples. Avis aux futurs résidents du Domaine de Charlary. Lorsque vous empruntez la route d'Albi (marquée D888 et non N88) à la sortie 14 à proximité de Toulouse, supprimez la dernière page de directions, et remplacez par « Après la sortie, continuez tout droit, puis tournez à droite au Mac Do ». C'est pourtant pas dur.

Mais venons en au titre de mon entrée du jour ; le Domaine de Charlary, comme l'Appart'City de Mérignac, est une formule de location d'appartements avec un service hôtelier – le Sexy Center en moins. Sauf que comme la région est bardée de travailleurs itinérants, je me retrouve avec un T2 pour moi tout seul. Si j'avais eu le temps, ma famille et/ou des potes avec moi, Dieu sait ce que nous aurions fait de cet espace dont le rangement et l'entretien auraient échapé à notre responsabilité... Sans tout ça, je me suis battu sur 1m carré avec une connexion 3G ridicule pour travailler jusqu'à 23 heures passées, l'oreille vaguement tendue vers la Nouvelle Star pour m'assurer que Benjamin irait bien en finale. Cool. Et puis j'ai même poussé le vice jusqu'à dormir dans le clic-clac plutôt que dans la chambre. Une suite, c'est superflu et donc très agréable, mais hier tout m'a paru bien grand, à l'image du site industriel où je dispensais une formation, tellement étendu que le moindre déplacement, à la clope près, s'y fait en voiture. Aujourd'hui sera sans surprise à côté – et je n'aurais pas à me perdre non plus – puisque je suis déjà venu à Blagnac la semaine dernière. Souvenez-vous, dans une chambre ridicule en plastique, qui rentrerait d'ailleurs dans la salle de bains de ma suite à Charlary...

mardi 3 juin 2008

Mérignac forever !

TROIS QUART D'HEURES ! C'est le temps qu'il m'a fallu, au terme de 380 bornes au départ de Nantes, pour couvrir un trajet référencé à... deux minutes par Mappy. Je différencie pourtant bien la droite et la gauche, mais ce n'est visiblement pas le cas de l'algorithme pathfinder de cet outil qui ne sert plus qu'à ceux qui n'ont pas de GPS, et encore. Du coup, j'ai exploré un à un ("un par chacun" comme dirait Hugo) les bras d'un rond point conséquent, allant même jusqu'à visiter l'aéroport de Bordeaux... Après une bonne douzaine d'infractions au code de la route et une centaine d'années de purgatoires chèrement gagnée en jurons, j'ai fini par retrouver la trace de l'Appart'City. Surprise supplémentaire : le parking a été sous-dimensionné de moitié, tranquille. Du coup, j'ai dû me garer dans l'herbe... A la réception, mon hôte insiste sur le fait que le vrai-faux hôtel est indiqué à chaque rond-point ; tu parles, pas plus que le supermarché pour adultes qui lui tient compagnie au plus profond de la zone hôtelière de Mérignac. Bref. Reste que, côté confort, la formule studio hôtel tient le haut du panier de ce que j'ai fait en déplacement ces derniers mois - la fantastique maison d'hôte alsacienne CathEric, un véritable petit coin de paradis, mis à part. C'est grand, propre, bien équipé. Dommage que mon arrivée tardive ne me permette que de juger le confort, et non d'en profiter... Au passage, je voudrais rendre hommage à ma femme, qui organise mes déplacements aux petits oignons, plans de route compris. Je ne te remercierai jamais assez !

Au moins, la route a été super agréable. C'est la cinquième fois que j'enchaîne l'A83 et l'A10 ces derniers mois, et la première que je ne me fais pas rincer dans des proportions bibliques. Ça a bien failli à un moment, mais on aurait presque dit que les courbures de la route avaient été étudiées pour contourner les averses du jour. Surréaliste. C'est quand même moins fatiguant comme ça, et presque moins fatiguant que les quatre heures passées dans le train hier à jouer à Silent Hill Origins (après deux heures de bouchons lillois teintés de périphérique inondé). Je touche presque au bout, bientôt le bilan. La fin ne sera pas pour ce soir en tout cas ; je m'étais prévu une séance nanar - le Stay Alive acquis la semaine dernière - que je vais quand même tenter, mais je doute, une fois de plus, d'arriver au bout du métrage.

lundi 2 juin 2008

Silent Lille

C'est de Lille que je chatouille le clavier de mon portable ce matin. Arrivé hier soir, dîner chez des cousins après un voyage non pas en voiture pour une fois, mais sur les rails. Et quand c'est direct et pas trop long, j'avoue que ça fait du bien : quatre heures réparties entre ma PSP et des velléités de lecture vite englouties par le sommeil, c'est tout de même moins fatiguant que la conduite sous la pluie. Car sur la route jusqu'à la gare, l'eau m'a encore tenu compagnie, jusqu'à se transformer en grêle. Dans le Nord, un temps à faire mentir Danny Boon m'a accueilli à mon réveil terminus ; comme quoi le blason des corons est vraiment redoré. Ce matin par contre, la grisaille est plus traditionnelle ; la température au moins, n'est pas celle du grand nord - hier quand j'ai dit à Hugo que je partais travailler dans le Nord, il m'a demandé "au Pôle Nord"? avant d'estimer que le nord de la France, c'était déjà bien trop loin à son goût. Comme j'ai rendez-vous au pied d'un terril, le tableau sera on ne peut plus classique, vestige de mes origines chti.

Pendant mon trajet en train, j'ai poursuivi ma désintoxication à Monster Hunter pour me plonger enfin dans Silent Hill Origins, un titre qui fait mentir tous ceux qui pensaient qu'une console portable n'était pas de taille à susciter la trouille. Se promener dans Silent Hill à la recherche d'une clé, en évitant les créatures qui hantent son brouillard, est un acte étrange, familier et déroutant, tant c'est à la fois agréable et déplaisant. Le spectre du chef-d'œuvre Silent Hill 2 plane sur les premières minutes du titre, avec une marche condensée pour s'adapter au format play anywhere. Une approche qui m'a fait réfléchir une fois de plus aux innombrables qualités de l'aventure intérieure de James Sunderland, et au caractère iconoclaste de son ouverture. Alors que bon nombre de titres cherchent aujourd'hui à vous accrocher dès les premiers instants façon God of War, vous plongeant d'emblée dans le coeur de l'action quand le didacticiel prend la peine de se déguiser en narration, les premières minutes de Silent Hill étaient longues, inactives, pesantes. Le titre ne cherchait pas à vous happer mais faisait appel à votre volonté seule, reflet de la présence volontaire de Sunderland à Silent Hill. C'est là la différence avec cette préquelle dans la peau de Travis Grady ; lui n'est là que par accident, et si l'on voulait pinailler, il est difficile de justifier son implication dans l'autre monde une fois la fillette sauvée d'un incendie en flammes. L'homme ne cherche pas à s'échapper, pas vraiment perturbé par les distorsions de son environnement et les horreurs qui ne s'y dissimulent pas. Cela paraîtrait presque artificiel. La peur est bien là, mais je serais tenté de dire que l'émotion et l'inertie suscitées par la longue marche de Sunderland sont absents de cette excursion petit format, l'éloignant du piédestal atteint par Konami il y a des années de cela. D'ailleurs, aucun autre titre ne peut se réclamer d'une telle démarche, anti-commerciale au possible.

Pour le reste, retour en arrière avec la (re)lecture de Elektra Assassin, merveille des années 80 - où j'ai l'occasion de confirmer combien Ben Templesmith marche sur les traces de Bill Sienkiewicz. Seul regret de ma soirée d'hier : m'être endormi devant le très beauf et plaisant Torque, produit Neil H. Moritz à faire passer les Fast and Furious pour de la poésie. Damnède.