Réveil surréaliste ce matin, dans la même chambre ou presque qu'il y a deux jours, à l'Hôtel Ibis de Poitiers... Comme si je n'avais pas effectué un aller-retour sur Bidos, et que je n'avais pas passé une "délicieuse" journée à quelques enjambées des Pyrénées hier... Pourtant les souvenirs sont bien là. Me retrouver mardi sur l'A63, bloqué par la gendarmerie qui filtre les camions de plus 7,5 tonnes pour éviter de les envoyer s'entasser sur les aires saturées qui précèdent la frontière espagnole. Arriver à Oloron Sainte-Marie pour me rendre compte que j'ai oublié de regarder où est mon hôtel, et que je ne sais même pas comment il s'appelle. Découvrir que, dans un hasard bienveillant, je me suis garé à 100 mètres de l'Hôtel Allyson, véritable 3 étoiles réservé par ma femme (toilettes séparées de la salle de bains - ce qui confirme ma théorie - mais aussi spa, sauna, piscine et petit dej' à 11 euros). Voir mes plans de ballade ruinés par le boulot et les intempéries locales, apocalyptiques. Me réveiller le lendemain matin dans la grisaille, devant l'incompétence des services d'information de la Cinquième (cf post d'hier). Arriver au poste de garde de l'entreprise où je dispense ma formation, pour qu'on m'annonce qu'il n'y a pas de parking visiteurs, et qu'il me faut donc me trouver une place légale "quelque part" (à près de 15 minutes à pied, donc). Tenter, toute la journée, d'effectuer une formation à l'utilisation d'un SPiP en ligne sans connexion Internet ou presque. Terminer super tard, de nouveau sous la pluie, et travailler sur ordinateur à l'arrière de la Micra pour satisfaire des clients capricieux. Repartir à 18h30 avec, en vue, près de six heures de route. Démarrer sous des trombes d'eau, franchir des routes inondées - au point de redouter de tuer la voiture -, jouer à Dirt, en vrai, sur les routes du Béarn...
Eh bien si, les deux derniers jours ont bien eu lieu, en dépit de l'étrange sensation procurée par le retour au même endroit, au même hôtel. Le numéro de ma chambre a changé, mais la disposition des meubles elle, est strictement identique. Bien que j'ai rechigné à prendre la route hier soir, celle-ci bien que difficile, s'est avérée plutôt agréable ; et je dirais même mieux : agréable car difficile. Effectivement, les trois premières heures du trajet sont passées à une vitesse étonnante, entre le côté rallye grisant de la conduite sur les routes inondées du Béarn (l'impression de vitesse dans de telles conditions est énorme, même à 50 km/h), la traversée surréaliste de cette superbe petite ville qu'est Navarrenx (première ville bastionnée de France, pour votre information), au sein de laquelle la circulation tient du labyrinthe, les orages terrifiants que je traverse en à peine deux minutes à chaque fois à l'approche de Bordeaux, mon côté bon samaritain qui me pousse à prévenir la gendarmerie après avoir évité de justesse un pneu sur l'A63, à 130 km/h... Et puis enfin, fêter avec Titine (la voiture) son cent-millième kilomètre, au son de Juliette & the Licks.
Seconde partie du trajet plus longue car moins colorée ; mais mon iPod est cette fois chargé d'une playlist réfléchie pour me donner un coup de fouet. A la fin de Watershed, dernier et merveilleux opus d'Opeth, place, en pleine obscurité, à la bande originale de Rocky IV. Un CD que je convoite depuis bien longtemps, que je suis ravi d'avoir trouvé en boutique plutôt qu'online (en hommage à ma cassette d'origine, achetée par ma grand-mère chez un disquaire de Gap). Avec Watershed et Ultimate Ghosts'n Goblins sur PSP, il s'agissait là de mon kit se survie pour Oloron. Trop fatigué, je n'avais toutefois permis au jeu de Capcom de m'humilier que quelques minutes avant de m'écrouler. Rocky IV donc, et ses merveilleuses pistes instrumentales - War/Fanfare et Training Montage - fantasmes de gosse qui prennent une texture toute particulière à 23 heures passées sur l'autoroute, une clope au bec (oops, c'est interdit ça!). Une touche ringardo-positive, qui m'a permis, au final, de conclure ma journée sur un sacré sourire. Et ce soir, direction l'Ile de France, et le confort de l'appartement de mes parents, avant d'enfin rentrer à la maison demain. C'est comme si j'y étais.
"Though his body says stop, his spirit cries Never !"
jeudi 12 juin 2008
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